L'on a souvent tendance à considérer que l'intelligence est nécessaire pour faire des études et réussir des concours ou examens. Cependant, si l'intelligence est un atout, il n'est pas rare de voir des étudiants moins doués réussir mieux que les autres, tout comme il n'est pas rare de voir des hommes de physique moyen être de grands séducteurs.
L'intelligence n'est qu'un atout, mais pas une condition sine qua non. Intelligent ou pas, il faut toujours travailler pour réussir et, ne nous y trompons pas, quelle que soit notre intelligence, la seule réussite repose sur le travail.
L'intelligence permet juste de comprendre plus vite. Ceux qui en sont moins pourvus devront alors plus travailler pour compenser leur "déficit". Cependant, s'ils sont conscients de leur désavantage, cela peut jouer en leur faveur, les motivant pour travailler plus alors que ceux qui ont l'intelligence pour eux auront tendance à moins travailler, trop confiants en leurs capacités.
Quelle que soit votre intelligence, misez donc toujours tout sur le travail.
Lorsqu'on est face à des personnes plus douées qui travaillent au moins autant que nous, comment faire pour avoir une chance de réussir, surtout lors d'un concours ?
C'est là que la méthode intervient et permet de faire la différence. Car si le plus intelligent comprenant plus vite peut naturellement moins travailler pour arriver aux mêmes résultats que les autres, il n'en demeure pas moins physiquement comme tous les autres : il a besoin de manger, boire et dormir. Il se fatigue comme les autres et, s'il travaille mal, peut s'épuiser plus vite que les autres. Il faut donc bien gérer son travail pour compenser les bonnes performances des autres et restant dans la course.
La majorité des professeurs diront : non, ce n'est pas un concours (ou examen) d'érudition !
Cependant, si vous parcourez les compte-rendus rédigés par les examinateurs (des professeurs), vous pourrez constater qu'il s'agit très souvent de questions d'érudition. Ceci est le cas tant pour les partiels de biologie que l'agrégation d'histoire, où il n'est pas rare d'avoir des questions en dehors du cadre prévu.
Pourquoi ce discours alors ?
Les raisons peuvent être multiples. Avouer qu'un coucours serait d'érudition, cela serait réduire une matière à sa seule composante de connaissance, dénuée de toute intelligence, dans un pays ou le raisonnement fait partie de nos fondamentaux depuis les Lumières.
Peut-être faut-il comprendre : ce n'est pas seulement un concours d'érudition ?
Peut-être n'avons-nous pas la même définition du mot érudition ?
Quelles que soient les raisons de cette affirmation, il n'en demeure pas moins qu'il ne faut jamais, contrairement à ce que disent les professeurs - les mêmes qui disent que le concours n'est pas un concours d'érudition -, répondre seulement aux questions posées. Ceux qui le feront - et cela m'est arrivé plusieurs fois, dans plusieurs matières différentes - s'exposeront à des déconvenues.
Il ne faut donc pas hésiter, après avoir répondu correctement à la question posée, à montrer qu'on en sait plus en élargissement le champ de description. Par exemple, si la question porte sur le traitement de l'image par la rétine, ne pas hésiter à continuer par le transport de l'information par le nerf optique puis le traitement au niveau du cerveau, tant que cela fait toujours référence au traitement de l'image. Pour l'histoire, le problème est plus complexe car il n'est pas rare d'avoir des questions très éloignées du sujet principal. Ainsi, un sujet situé sur l'époque gallo-romaine pourra voir des questions subsidiaires au XXème siècle - quand on vous dit que ce n'est pas de l'érudition ! -. Il faut donc bien connaître tout le sujet depuis ses antécédants jusqu'à aujourd'hui, ce qui représente une somme considérable de connaissance, qu'il faut ensuite savoir appliquer. L'érudition n'est pas tout. Il faut l'avoir digérée pour la structurer en fonction de la question posée.
Pour cela, dans le reste de la section, nous nous concentrerons sur les méthodes pour faciliter l'acquisition des connaissances. Chaque matière ayant ensuite une façon bien à elle de les exploiter. Cependant, l'acquisition des connaissances dépend toujours de la mémoire qui, elle, dépend de règles qu'on ne peut pas définir mais qui nous sont imposées par déterminisme.
Nombreux sont les professeurs qui vous diront : il faut faire des fiches. Et pourtant, certains étudiants réussissent très bien sans faire de fiches. Pourquoi ?
Tout d'abord, il faut savoir que faire des fiches nécessite un temps non négligeable qui pourrait être employé à autre chose de plus productif. D'autre part, une fiche n'est performante que si elle est bien rédigée. Il y a un lien entre la qualité de rétention et la qualité de l'écriture. Une personne écrivant mal aura tout intérêt soit à se contenter de travailler directement sur les ouvrages (ou des copies de travail), soit faire ses fiches avec un traitement de texte.
D'autre part, les fiches prenant énormément de temps, il ne faut donc pas en faire systématiquement mais plutôt les utiliser pour compléter ce qui manque : vocabulaire, reformulation d'un texte incompréhensible, structure d'un document, schémas. Il ne faut pas hésiter à remplacer une page de texte par un petit schéma, plus facile à retenir.
En effet, les universitaires semblent prendre un malin plaisir à vouloir impressionner les étudiants en rendant sciemment leurs propos obscurs ou absconds avec une terminologie technique, parfois mal employée, parfois jusqu'à ne plus avoir aucun sens. Il ne faut donc pas hésiter à réécrire de façon intelligible ce qui ne l'est pas afin de mieux le retenir, lorsque cela est possible.
Dans Le Monde Grec Antique, M.-C. AMOURETTI & F.RUZE, ed. Hachette, chapitre 3 (Apogée et chute du monde mycénien), on trouve la phrase suivante :
[...] Mais la vaiselle mycénienne se retrouve d'une manière radique dans l'île, les objets conservant toujours des caractères originaux par rapport au continent. [...]
On peut alors se demander ce que signifie radique. L'on peut penser, au départ, à un terme spécifique d'archéologue ou d'historien. En cherchant un peu, l'on trouve que radique est un terme médical signifiant consécutif à une irradiation.
L'on peut alors se demander si l'auteur ne s'est tout simplement pas trompé de mot dans la phrase.
Dans ce cas présent, il faut d'abord comprendre la phrase avant de la réécire. Mais pour moi, cette phrase reste encore un mystère.
Ce comportement peut parfois être agaçant au point de passer pour du pédantisme. A tel point que parfois, il arrive que des professeurs émérites publient des informations fausses.
Dans La Grande-Bretagne et le monde de 1815 à nos jours, Philippe CHASSAIGNE, ed. Armand Colin, chapitre 2 (L'impérialisme britannique au XIXe siècle : les conquêtes), page 60, on trouve la phrase suivante :
[...] Toujours en direction du nord-ouest, une tentative d'établissement du protectorat britannique sur le Pakistan, objet supposé de la convoitise russe en Asie centrale, échoua tragiquement (1839-1842) [...]
Cet exemple est plus vicieux que le précédent car plus invisible et il passera inaperçu aux yeux de bon nombre d'étudiants, faisant confiance aveuglément au professeur Chassaigne. Et Pourtant, dans ce contexte, c'est la notion de Pakistan qui n'a pas de sens puisque le Pakistan a été fondé en 1947 (soit un siècle plus tard). Il n'échappera à personne que quiconque réutilisant cette phrase dans une copie d'examen se verra attribué une note frôlant le plancher.
Dans tous les cas, si l'interprétation du texte le permet, une correction ou une précision s'impose. Et il ne faut pas hésiter à reformuler les informations avec ses propres mots ou des connaissances étendues à l'aide d'autres sources.
La plupart des professeurs (plus souvent les professeurs de lettres que de sciences) déconseillent l'utilisation de Wikipedia sous prétexte qu'il s'agit d'un site de connaissances "amateur", sans réelle fiabilité. Et pourtant, non seulement Wikipedia s'avère souvent plus précis, plus complet ou plus juste que les informations spécialisées, mais l'on peut aussi remarquer parfois que les contrôles et examens de ces mêmes professeurs sont tirés directement de Wikipedia.
Différentes études ont révelé que Wikipedia est au moins aussi juste que les grandes Encyclopédies. Il ne faut donc pas se priver de cette source inestimable, sourtout que les articles sont souvent accompagnés de cartes, de suppléments (images, liens, etc.), d'informations complémentaires, de bibliographie, etc. S'il ne se se suffit pas à lui-même, il peut servir de lien, de ciment entre des informations souvent trouvées dans des ouvrages différents et parfois (en fonction des dernières découvertes) contradictoires. Et plus les informations sont complètes, plus il est aisé de les retenir.
La grande question de certaines personnes est de savoir si l'on peut réussir un concours en ayant un emploi salarié en parallèle. Certains disent oui, d'autres non. Là non plus, il n'y a pas de formules. Cela dépend de la personne, de sa façon de travailler, de ses capacités d'apprentissage et de concentration.